Dents et dentistes à travers l’histoire/ Tome 1 & 2 par Augustin Cabanès

Dents et dentistes à travers l’histoire/ Tome 1 & 2

Titre de livre: Dents et dentistes à travers l’histoire/ Tome 1 & 2

Auteur: Augustin Cabanès


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Augustin Cabanès avec Dents et dentistes à travers l’histoire/ Tome 1 & 2

HISTORIQUE DE L’ART DENTAIRE

Aucun art ne peut revendiquer de plus antiques parchemins que l’art du dentiste. On date généralement la médecine, considérée dans la plupart de ses branches, de l’ère hippocratique ; or, des milliers de siècles avant le Père de la Médecine, aux premiers vagissements, pourrait-on dire, de l’humanité, des témoignages attestent que les hommes souffraient de maux de dents ; et que, dès l’époque préhistorique, apparut la carie dentaire. Sans qu’on ait aucune preuve positive qu’il existât même des rudiments de thérapeutique à ces époques nébuleuses, on peut présumer que l’on savait, sinon plomber les dents, — tant que les métaux n’ont pas été découverts, il ne saurait être question de plombage — mais que les êtres qui vivaient au temps de l’Homo sapiens, ou de l’Homo primigenius, ont vraisemblablement songé à combler les dents creuses avec des morceaux de silex, qui seraient ainsi les ancêtres de nos blocs de porcelaine. On peut encore supposer, l’hypothèse est de M. J.-L. André Bonnet[1], qu’« ils purent obturer les dents avec des morceaux de racines, d’écorces d’arbres, ou une espèce de macération de feuilles réduites en mastic, qui auraient eu la propriété d’obturer et de calmer la douleur ». Pure supposition, sans doute, mais qui est soutenable.

On s’accorde à reconnaître que le plus ancien document connu qui se rapporte à l’art médical, a trait à la médecine des Égyptiens : c’est le fameux Papyrus d’Ebers, que conserve la Bibliothèque de l’Université de Leipzig et qui a donné matière à tant de gloses. Ce papyrus est considéré comme le plus vieux document sur l’histoire de notre art ; il fut publié en 1890, dans une superbe édition de luxe, en allemand. De l’avis de nombreux égyptologues, et non des moins autorisés, ce document serait, plutôt qu’un ouvrage original, une copie des méthodes médicales, « une sorte de journal auquel chacun ajoutait suivant ses découvertes ». On croit qu’il fut écrit vers 1550 avant J.-C., mais une partie serait beaucoup plus ancienne et remonterait, selon certains, à une trentaine de siècles avant notre ère. Beaucoup de remèdes y sont indiqués contre les abcès, les gingivites, etc. ; il n’est fait, toutefois, mention d’aucune opération, et cependant l’avulsion des dents devait déjà se pratiquer.

Ce n’est que 500 ans avant J.-C. qu’Hérodote d’Halicarnasse mentionne l’existence de spécialistes, les uns s’occupant des yeux, les autres de la tête, du ventre, des dents, etc.

Il paraît probable, et c’est une particularité que l’examen des momies a révélée, que les Égyptiens connaissaient la prothèse dentaire : des pièces artificielles ont été retirées des bouches de momies, ainsi que des dents aurifiées. D’aucuns ont contesté ces découvertes, mais rien ne s’oppose à ce que les Égyptiens qui ont excellé sous tant de rapports, se soient appliqués à la restauration buccale avec la même perfection qu’ils ont montrée dans les procédés d’embaumement, par exemple...